Le Shure SE425 est un intra-auriculaire de retour de scène à deux armatures équilibrées par oreille, pensé pour entendre sa voix et son instrument avec netteté, très bien isolé du bruit ambiant et doté d’un câble détachable. Son point fort est le médium ; son point faible, un grave plus mesuré que celui d’un transducteur dynamique.
Une armature se charge du grave et du bas-médium, l’autre des aigus, et un filtre passif répartit le signal entre les deux. Le câble se détache par connecteur MMCX et se porte par-dessus l’oreille. Voyez nos écouteurs.
Deux armatures, un filtre passif
Répartir le spectre entre deux transducteurs suppose un filtre qui décide où passe la frontière. Mal placée, elle laisse un trou ou une bosse audible ; bien placée, chaque armature travaille sur une bande étroite où elle excelle. C’est ce travail de filtre, plus que le nombre de transducteurs, qui explique la précision du médium sur ce modèle.
Pour un transducteur dynamique plus chaleureux, voyez le SE215 ; pour trois armatures, le SE535.
Deux armatures balancées, ce que cela implique
Une armature balancée est un transducteur minuscule dont la partie mobile est très légère, donc rapide à s’arrêter. Il en résulte un médium et un aigu d’une netteté que peu de transducteurs dynamiques atteignent, et une définition qui rend les détails de mixage audibles. En contrepartie, une armature déplace peu d’air : la descente dans le grave est limitée, et c’est pour cela qu’on en associe souvent deux ou plus.
Ce compromis explique pourquoi ces modèles sont nés sur scène, où l’on veut entendre précisément sa voix et son instrument, et pas ressentir le grave dans la poitrine.
L’isolation dépend surtout de l’embout
L’isolation passive du SE425, parmi les meilleures du marché, tient à une insertion profonde dans le conduit auditif. Elle n’existe que si l’embout est bien choisi : trop petit, il laisse fuir le grave et le bruit extérieur ; trop grand, il ne descend pas assez et devient inconfortable au bout d’un concert. Essayer plusieurs tailles et matières (silicone, mousse) avant de juger le rendu évite bien des déceptions, car un grave qui paraît maigre vient souvent d’un joint mal fait.
Cette isolation protège aussi l’audition : coupé du bruit de la salle, le musicien n’a pas besoin de pousser le volume de son retour pour s’entendre. En contrepartie, elle rend ces écouteurs peu adaptés à la rue, où il faut entendre la circulation.
Le câble amovible, l’argument décisif
Sur un intra dont le câble se remplace, la panne la plus fréquente cesse d’être fatale. Un fil coupé au point de sortie, une gaine fendue ou une prise fatiguée se règlent pour quelques euros au lieu de condamner l’écouteur. C’est ce qui justifie l’investissement sur ce segment, où les transducteurs eux-mêmes ne s’usent quasiment pas.
Pour un modèle d’entrée de gamme de la marque, voyez le SE215 ; pour un modèle à filtre basse fréquence, le SE315 ; pour un hybride concurrent, le Creative Aurvana Trio.
Shure SE425 au quotidien et besoin d'un amplificateur
Le SE425 vise le musicien et l’auditeur qui privilégient la lisibilité du médium et l’isolation. Qui cherche le haut de la gamme Shure regardera le Shure SE846, sommet de la gamme intra ; qui veut une autre approche du double armature à contour d’oreille, le Brainwavz B200.
Le SE425 convient-il à l’écoute quotidienne ?
Oui pour un usage calme (transports en commun, bureau, maison), où son isolation devient un confort. Moins dans la rue, pour la raison de sécurité évoquée plus haut, et moins pour qui recherche un grave très présent.
Faut-il un amplificateur pour le SE425 ?
Non : comme la plupart des intras à armatures, il est conçu pour fonctionner sur la sortie d’un téléphone, d’un baladeur ou d’un récepteur de retour sans fil. Un amplificateur n’apporte pas de gain de volume utile ici.














